JOURNEE PATIENTS DU 21.11.2015 : Actualités thérapeutiques dans la SEP

Soumis par le 18 février 2016

Dr Olivier Heinzlef

L’année 2015 aura été marquée par les résultats de deux études positives dans le traitement des formes progressives de sclérose en plaques (SEP). La plus importante est l’étude ORATORIO qui a testé l’efficacité d’un anticorps monoclonal (OCRELIZUMAB) dirigé contre les lymphocytes B (qui sécrètent les anticorps et sont impliqués dans la formation des lésions de SEP) chez des patients atteints de sclérose en plaques progressive. Dans cette étude, qui a duré 2 ans, plus de 700 patients ont reçu soit l’Ocrelizumab, soit un placebo en perfusion tous les 6 mois. Les résultats sont clairement en faveur du traitement actif avec une réduction de 24% du risque de progression du handicap.

L’efficacité de l’OCRELIZUMAB a également été démontrée dans les formes évoluant par poussées dans les études OPERA I et II qui ont montré une réduction importante du risque de poussée et de progression du handicap.

Toujours dans les formes progressives, une étude originale française a testé l’effet de la biotine, une vitamine B, à forte dose chez plus de 150 patients (les vitamines B améliorent le fonctionnement des cellules de l’organisme). Le résultat est très en faveur du traitement avec un patient sur six qui améliore son niveau de handicap après 9 mois de traitement.

Les voies de la réparation sont également à l’honneur avec les études portant sur les anticorps anti-LINGO 1. La protéine LINGO-1 empêche le système nerveux de se réparer, et l’administration d’anticorps dirigés contre cette protéine pourrait aider à la réparation et à la remyélinisation. Les premiers résultats de l’étude RENEW dans les névrites optiques sont prometteurs.

Enfin les travaux sur les cellules souches ont conduit à la publication de l’étude ASTIM. Ce traitement permet une sorte de remise à zéro du système immunitaire. Les premiers résultats de cette étude sur un petit nombre de patients sont encourageants avec une réduction du risque de poussées et de progression du handicap. Cette thérapie reste lourde, mais les aspects de sécurité semblent beaucoup mieux maîtrisés qu’il y a quelques années.

D’autres études devraient voir le jour dans cette nouvelle voie thérapeutique.