Comment parler de la sexualité au cours de la SEP ?

Soumis par le 26 février 2016

La SEP peut entraîner des troubles sexuels difficiles à verbaliser avec son médecin habituel à cause des réserves que chacun ressent sur sa vie intime.

Un interlocuteur spécifique (le/la sexologue) est le meilleur moyen d’échanger sur ses difficultés favorisées par la maladie ; c’est pourquoi le réseau SEP IDF Ouest a ouvert une consultation dédiée.

Les troubles peuvent être variés et se compliquer de relations de couple difficiles ce qui fait que la première consultation sera en tête à tête avec le patient mais que les suivantes vont privilégier également l’écoute du partenaire.

Il existe couramment une baisse de la libido en relation avec la maladie soit par la préoccupation qu’elle provoque, soit par l’atteinte neurologique elle même. Les symptômes musculaires comme des contractures, les troubles sensitifs à type de douleurs ou au contraire de baisse de sensibilité au niveau périnéal ainsi que les éventuels troubles urinaires contribuent à rendre les relations sexuelles plus compliquées d’autant que le partenaire ne serait pas mis au courant de la maladie.

Pour les hommes, souvent jeunes, il est aussi délicat d’évoquer un risque de baisse de performance, voire même l’utilisation nécessaire de moyens médicamenteux pour parvenir à réaliser un rapport sexuel complet. Les informations indispensables pour utiliser au mieux ces aides sont souvent galvaudées sur les réseaux sociaux alors qu’une bonne connaissance de leur usage est primordiale pour un effet maximum.

Savoir évoquer le problème avec son neurologue ou un autre professionnel de santé, sans tabou, peut conduire à venir consulter au réseau en toute discrétion et avec les meilleures chances de faire des progrès dans ce domaine délicat qui peut compromettre la vie de couple.

Dans les études sur la SEP, 75% des patients remarquent des troubles dans la sphère sexuelle ; ceux-ci n’épargnent pas non plus la population générale puisque 50% des adultes seniors seraient concernés par une insatisfaction sexuelle.

Il est inutile de chercher conseil auprès de personnes de l’entourage qui n’auront pas la formation nécessaire pour répondre de façon correcte, ni la confidentialité qui doit rester totale sur cette intimité. De même les médias, journaux ou TV ou radios, même s’ils ont banalisé ces réflexions sur la sexualité, ne peuvent individualiser chaque cas, ni tenir compte de la SEP en partie responsable.

En effet, des facteurs psychologiques existent au même titre que des facteurs organiques pour perturber la sexualité et les consultations organisées au réseau SEP IDF Ouest se font en concertation entre psychologue et sexologue si besoin.